Ce que j’appelle l’oubli

Slam pour un meurtre

  • Au rayon alcools d’un supermarché, un homme vole une canette. Quatre vigiles, chevaliers de l’apocalypse des temps modernes, tabassent à mort le buveur de bière. Sur ce fait divers survenu à Lyon en décembre 2009, Laurent Mauvignier scande d’une écriture fiévreuse un slam rageur. Pas le slam aseptisé dans lequel bureau rime avec stylo, non, un slam à la Beckett, avec des mots qui dérangent. En une soixantaine de pages nerveuses et indignées, Mauvignier fige l’instantané d’un monde bâti sur la valeur pognon, une société dans laquelle la vie d’un homme vaut moins qu’une canette de bière. Cette société, vous et moi l’avons choisie : elle a la couleur de nos bulletins de vote. Au fil des pages, peu à peur, la gêne nous ronge et l’envie de dégoupiller l’opercule d’une ivresse sociale nous étreint.
    Un grand merci à Mauvignier et aux éditions de Minuit de mettre la littérature au service de la révolte.
    A. Caron
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