Lily et Braine

Laissez passer Sa Majesté le jazz.

« Ça faisait comme si des papillons aux ailes bleues s’étaient posés sur ses épaules blanches. De loin, c’est vrai, on aurait dit « La princesse aux papillons », quand Braine la voyait arriver les dimanches d’été dans cette robe que le vent rendait folle et la lumière transparente de légèreté. »

Braine revient de guerre, on ne sait trop laquelle. Tout est organisé pour sa réinsertion dans le monde normal. Mais Braine n’est pas normal, enfin pas vraiment. Il a dans l’âme d’étranges images venues d’un Hollywood improbable, régenté par un Minnelli démiurge. On ne peut rien contre le torrent de l’imaginaire, rien contre la pulsion vitale du jazz. Les efforts de ses proches seront vains, la sécurité béate ne pèse pas lourd contre la fatalité sinueuse d’une blonde et la promesse de recréer un groupe musical de jeunesse, le temps où le bugle était d’or.
La recherche de l’art et de la beauté s’improvise comme du Coltrane, se love aux limites de la fausse note. Il y a chez Gailly quelque chose de nervalien à essayer de retrouver une harmonie parfaite et romantique, égarée dans les limbes du souvenir et du temps.
Christian Gailly est injustement méconnu. Son livre « L’Imprévu » vient d’être porté à l’écran par Alain Resnais lui même.
A.Caron

A love supreme

http://www.youtube.com/watch?v=92T4DQqQApE

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