Les fantômes du muet

Quand il fut de l’autre côté du pont, les fantômes vinrent à sa rencontre

Dans ce remarquable essai, Didier Blonde évoque le cinéma muet, celui qui s’approche au plus près du rêve. Murnau, von Stroheim, Feuillade entre autres, sont convoqués à cette pantomime du souvenir. Qui se souvient de Emil Jannings, prolétaire humilié  dans le « Dernier des hommes » de Max Schreck,  hallucinant vampire dans « Nosferatu« , de  l’envoûtante Musidora, monte-en-l’air sexy des feuilletons de Feuillade ? Qui se remémore les actrices inconnues, les images d’archives d’un temps décoloré ? Sur les étals des Puces on retrouve parfois dans des boîtes piquées de rouille les lambeaux silencieux de nos courses vers la cinémathèque. Tous ces fragments d’hier, Blonde les a rassemblés dans ces pages magnétiques. Il faut une plume et une sensibilité singulières pour faire résonner encore aujourd’hui le frisson des images qui ne se tairont jamais.
J’en profite pour souligner ici l’excellence de la collection « L’un et l’autre » et saluer la ténacité de Gallimard qui s’entête à maintenir une collection dont la qualité est inversement proportionnelle à ses ventes.
A.Caron

Jeanne Roque, Musidora

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